Une sensibilité de gauche…ou idée de la gauche…

Toujours à la recherche de cette indispensable union des formations de gauche, il nous semble nécessaire de donner une définition commune à  la notion de « Sensibilité de gauche » ou idée de la gauche .

« Vous êtes la Droite, nous sommes la Gauche ! »

Dans son intervention du 12 Juin 2019 à la tribune de l’Assemblée Nationale, Boris Vallaud , député PS des Landes, répondait au discours de politique générale du 1er Ministre.

Il réaffirmait que gauche et droite, ce n’est pas pareil et en a rassuré plus d’un(e), en ce qui concerne la place de notre Parti au sein de la gauche.

– Qu’est-ce que la gauche ?
– Comment être de gauche au 21éme siècle ?

Tentative de réponse à la première question : Qu’est-ce que la gauche ?
Le grand nombre d’articles parus sur ce sujet donnent autant de réponses  où chacun(e) y va de la force de sa conviction et de l’affirmation de son authenticité voire de sa seule authenticité :

Nous sommes la vraie gauche…

Il donc indispensable de faire le tri pour tenter de répondre aussi clairement que possible à ces deux questions car le flou permet trop facilement,
l’anathème : tu n’es pas de gauche !, ou pire « tu n’es pas vraiment de gauche !» 

• la mise au corner : je t’empêche de parler car ce que tu dis n’est pas de gauche ! 

• la confusion entre droite et gauche : en même temps !

• le « narcissisme des petites différences « qui autorise chacun de nous à traiter en ennemis tous ceux qui restent en dehors du groupe auquel on appartient.

Un peu d’histoire pour commencer.
Le 28 Août 1789, les députés sont réunis en Assemblée Constituante pour définir les pouvoirs du Roi, à savoir, pour ou contre le droit de Veto ?
Les opposants à ce droit se sont réunis à la gauche de la tribune, les partisans à la droite.
Au-delà de l’anecdote, ceux qui se sont placés à gauche sont donc apparus comme ceux du changement.

Par la suite ceux qui étaient pour étendre et approfondir la Démocratie et les mesures de progrès ont continué à siéger à gauche, alors que ceux qui étaient pour défendre l’ordre social, la tradition et l’autorité sont restés à droite.
A partir de 1848, la question sociale entre en jeu et les députés de Gauche vont défendre le petit peuple des villes et les paysans pauvres qui souhaitent une amélioration de leur condition alors que les députés de Droite défendrons les possédants pour que rien ne change.
La Gauche apparaît comme le parti du changement, la Droite le parti de l’ordre.

Plus largement une autre lecture est possible, celle de l’attitude vis à vis de la société, laquelle est pleine d’injustice , d’inégalités, de violences réelles et symboliques faites aux pauvres.

La Gauche considère que ce n’est ni normal ni fatal, refuse la société telle quelle est et souhaite la changer. Le monde peut donc être transformé par la raison et la volonté.
« Vaincre la pauvreté n’est pas un geste de charité. C’est un acte de justice. Comme l’esclavage ou l’apartheid, la pauvreté n’est pas naturelle. Ce sont les hommes qui la créent et la tolèrent et ce sont les hommes qui la vaincront » Nelson Mandela

La Gauche est pour l’égalité en droits et en chances. Elle lutte donc contre les inégalités de conditions souvent dues au hasard de la naissance et qui se reproduisent de générations en générations.
Pour donner un contenu concret à ces principes de Liberté, Égalité, Fraternité, il faut des droits.
– les droits civils et sociaux protégeant l’homme contre les gouvernements et les puissants : droit à la sécurité, à la dignité, à la liberté de circulation, de pensée, de religion, de propriété, de justice, de presse.

– Les droits politiques protégeant le citoyen : droits de vote, d’être élu, de s’organiser en parti, en syndicat, de lancer des pétitions, de faire grève.

Les droits les plus importants ont été obtenus le plus souvent, lorsque la gauche était au pouvoir .

Quelques dates pour rappel :
– en 1936, sous le Front Populaire, alors que Léon Blum, socialiste, était Président du Conseil des Ministres, instauration des congés payés, deux semaines pour tous les salariés, instauration de la semaine de 40 heures, création des délégués du personnel dans les entreprises et possibilité de négocier des accords collectifs.

– en 1950, alors que Vincent Auriol, socialiste, était Président de la République, création du SMIG.

– en 1956, alors que Guy Mollet, socialiste et secrétaire de la SFIO, était Président du Conseil des Ministres, instauration de la 3ème semaine de congés payés.

– en 1982, sous la présidence de la République de François Mitterrand, instauration de la semaine de 39 heures et de la 5ème semaine de congés payés suivies en 1983 par l’instauration de la l’âge de la retraite à 60 ans

– en 1998, alors que Lionel Jospin était 1er Ministre, instauration de la semaine de 35 heures suivie en 1999 par la création de la Couverture Maladie Universelle (CMU)

– en 2012 , alors que François Hollande était Président de la République, instauration de la retraite à 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé tôt, du compte pénibilité, du compte personnel d’activité, de la présence des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises privées, généralisation de la complémentaire santé et du tiers payant, création de la garantie jeunes, augmentation des bourses et des logements étudiants, création de 54 000 postes dans l’éducation nationale, obligation de la maternelle pour tous à trois ans, instauration du mariage pour toutes et tous, obtention de la signature d’un accord sur le climat à la COP21, etc…(suite à lire page 3 et 4 de l’inventaire 2012/2017)

Conclusion, sont de gauche celles et ceux qui :

« Ne se résignent pas à l’injustice, la déraison, la violence, la barbarie du monde »
« Voient dans la mauvaise organisation de la société, et non dans la nature des choses, la responsabilité de cette situation »
«Ont pour idéal de changer cette organisation par l’action collective pour la rendre plus conforme aux valeurs de liberté, égalité, solidarité, droits de l’homme, démocratie, justice sociale, laïcité, défense de la nature. »
« Pensent à l’intérêt du groupe avant de penser à leur propre intérêt. « être de gauche, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi ; être de droite, c’est l’inverse » Gilles Deleuze
Extrait de la revue Esprit : l’avenir de la gauche « Si l’on nomme « de gauche » les forces politiques républicaines mobilisées par l’approfondissement conjoint de l’égalité et de la liberté , ces forces n’apparaissent pas seulement désunies, mais aussi profondément désorientées «

Ce qui nous emmène à la suite : La mise en œuvre d’une politique permettant la réalisation de ces idées de gauche.

Le secrétaire : Claude Descoubes

Le trésorier : Alain Dicharry