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Lettre d’un militant socialiste en colère…

Je propose à votre lecture la lettre d’un militant en colère.

Elle décrit un chemin pour élaborer une stratégie commune allant des élections Municipales de 2020, pas encore terminées aux Présidentielles de 2022 en passant par les Départementales et Régionales de 2021.

Réflexions de confinement

Je remercie Claude de lancer ce débat sur la stratégie du Parti Socialiste pour l’élection présidentielle de 2022.

Il faut avant tout éviter les erreurs suicidaires que nous avons commises en 2017.
Je ne veux pas revenir sur ces erreurs (querelles d’égo, parti divisé, frondeurs dont le seul but était d’éliminer François Hollande, mauvaise campagne de notre candidat, etc.) pour me consacrer à donner ma vision de ce que pourrait être la campagne électorale de 2022.

Une petite observation préliminaire : Claude déplore que la primaire de 2017 n’ait pas été réservée aux seuls militants du Parti socialiste. La raison, c’est qu’il y avait des candidats à la primaire issus d’autres partis (de Rugy, Bennhamias, Pinel).

En préambule, je regrette qu’après la débâcle de 2017, le parti semble rester en état de léthargie, et ne profite pas de ces 5 ans d’opposition pour préparer l’échéance de 2022, en travaillant sur un projet et une stratégie. Une élection présidentielle ne s’improvise pas en 6 mois.

Tout d’abord, pour avoir une chance de gagner, il nous faut un projet, une stratégie et un leader charismatique. Pour l’instant je ne vois rien de tout cela.
Puis, admettre que le candidat (candidat unique de la gauche ou spécifiquement issu du parti) doit être en capacité de rassembler.

Dans l’hypothèse d’une candidature issue d’une primaire générale ou d’une désignation interne au Parti Socialiste :

1) Pour être qualifié pour le second tour, il faut impérativement arriver dans les deux premiers lors du premier tour. Et la seule façon de se qualifier est de rassembler largement son propre camp et toutes les nuances du spectre politique de la Gauche, sans exclusive ni arrière-pensées (chose que n’a pas su faire Benoit Hamon dans son propre parti, en désignant dans son équipe de campagne que des proches à lui).
2) Une fois la qualification acquise, pour être élu Président de la République, il faut obtenir un score de plus de 50% au second tour. Cela signifie qu’il faut garder ses électeurs du premier tour et mordre sur l’électorat centriste et les déçus du Macronisme (car je n’imagine pas que Macron puisse ne pas être présent au second tour de 2022). C’est toute la difficulté de « draguer » des électeurs de l’Extrême Gauche et du Centre en même temps.

Je suis d’accord avec Claude pour affirmer, moi aussi, qu’une candidature unique de la Gauche, dès le premier tour, est la meilleure solution pour gagner la Présidentielle. Mais je vois mal les partis d’Extrême-Gauche, la France Insoumise ou les Verts se prêter à cette respiration démocratique. En d’autres termes, c’est mal barré.

Je pense qu’il faut rester lucide et nous préparer à militer pour une candidature purement socialiste. Et pour cela, les réflexions sur l’absolue nécessité d’un rassemblement développées aux alinéas 1 et 2 de mon texte restent de mise. Mais, bon sang, qu’attend le Parti Socialiste pour se mettre au travail, se réinventer, renouveler son projet, proposer des idées, aller au-devant du peuple, associer les militants.
En ces temps difficiles, il y a d’énormes chantiers sur les choix de société et de modèles économiques, et sur l’urgence climatique et la survie de la planète. De quoi alimenter des débats sérieux au sein du Pari.
MAIS QU’ATTENDONT NOUS ?

Alain Dicharry, le 17 avril 2020